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La souveraineté numérique d’un pays passe aussi par ses entreprises

La souveraineté numérique peut facilement sembler être un concept réservé aux gouvernements, aux infrastructures critiques et aux grandes discussions géopolitiques. Pourtant, elle commence à prendre une forme beaucoup plus concrète dans les services numériques que nous utilisons quotidiennement.

Un récent reportage de Radio-Canada s'intéresse notamment à Eh! et Gander, deux nouvelles plateformes sociales qui cherchent à offrir une solution davantage ancrée au Canada. Gander affirme notamment héberger ses données au Canada sur une infrastructure infonuagique canadienne et chercher à limiter dès le départ la quantité de renseignements personnels recueillis. La plateforme travaille également sur la portabilité des comptes et des données grâce à l'utilisation d'un protocole ouvert.

Ces initiatives demeurent modestes lorsqu'on les compare aux géants technologiques mondiaux. Elles illustrent néanmoins quelque chose de beaucoup plus important : la souveraineté numérique canadienne devra aussi être construite par des entreprises canadiennes.

Le Canada semble avoir pris conscience de l'importance stratégique de cette question. Services partagés Canada définit maintenant la souveraineté numérique comme la capacité d'exercer un contrôle autonome sur les actifs et services numériques du gouvernement, notamment afin de protéger les données, de réduire les risques d'ingérence étrangère et de limiter certaines dépendances technologiques. Le gouvernement travaille ainsi au développement d'un cloud souverain canadien et d'une plateforme d'intelligence artificielle souveraine, tout en cherchant à diversifier ses fournisseurs et à favoriser davantage de solutions canadiennes.

Cette préoccupation dépasse largement le secteur public. En septembre 2026, le gouvernement fédéral reconnaissait lui-même que le Canada dépend encore dans une large mesure d'infrastructures et de services étrangers pour le calcul, l'infonuagique et le stockage nécessaires à l'intelligence artificielle. Le développement de capacités au pays est présenté comme un moyen d'augmenter la résilience du Canada et, fait particulièrement important, de lui donner davantage d'options.

C'est probablement là que se trouve la véritable signification de la souveraineté numérique. Être souverain ne signifie pas nécessairement tout construire soi-même, héberger toutes ses données dans son propre sous-sol ou refuser les technologies étrangères. Cela signifie conserver une capacité réelle de choisir, comprendre ses dépendances et pouvoir changer lorsqu'une situation technologique, commerciale, juridique ou géopolitique évolue.

Pour y parvenir, le Canada aura évidemment besoin d'infrastructures, de politiques publiques et d'investissements. Il aura surtout besoin d'un écosystème d'entreprises capables de développer, d'exploiter et d'intégrer des technologies sous contrôle canadien. Des plateformes comme Gander en donnent un exemple à leur échelle. D'autres entreprises devront construire des services cloud, des infrastructures de données, des solutions de cybersécurité, des systèmes d'intelligence artificielle, des technologies d'identité, des logiciels spécialisés et éventuellement de nouvelles capacités quantiques et post-quantiques.

Cette multiplication des solutions canadiennes créera cependant un autre défi : les organisations devront savoir lesquelles utiliser, comment les intégrer à leurs environnements existants et où la souveraineté apporte réellement une valeur stratégique. Une banque, un manufacturier, une PME, une organisation gouvernementale ou une entreprise pharmaceutique n'auront évidemment pas les mêmes exigences. Certaines données pourront parfaitement être traitées par des services internationaux alors que d'autres mériteront un environnement canadien, privé ou entièrement contrôlé. La souveraineté doit donc être conçue selon la valeur des actifs, les risques, les obligations et la continuité recherchée. C'est précisément dans cet environnement que Quantum Beyond entend accompagner les organisations canadiennes.

Notre rôle consiste à les aider à comprendre leurs dépendances numériques, déterminer quelles données et quelles capacités méritent un niveau supérieur de souveraineté, évaluer leurs architectures et construire des environnements conciliant cybersécurité, résilience, performance et liberté de choix. Cette démarche peut toucher l'intelligence artificielle privée et souveraine, la gouvernance des connaissances, l'architecture de sécurité, l'IAM, le Zero Trust, la cyberrésilience, la préparation post-quantique ou encore la stratégie technologique globale de l'organisation.

Quantum Beyond peut également travailler avec les entreprises technologiques canadiennes qui construiront cette souveraineté. Nous n'avons pas besoin de développer nous-mêmes chaque centre de données, plateforme cloud, modèle d'IA ou technologie spécialisée. Notre valeur se trouve aussi dans notre capacité à réunir ces expertises, à les intégrer et à aider nos clients à transformer différentes technologies en une architecture cohérente correspondant à leurs besoins.

Le Canada semble progressivement passer d'une discussion sur la souveraineté numérique à la construction de capacités concrètes. Les initiatives gouvernementales en matière de cloud, d'intelligence artificielle et de calcul souverains en sont des manifestations importantes. L'apparition d'entreprises qui choisissent elles-mêmes de construire leurs services autour de l'hébergement canadien, de la protection des données et de la portabilité en constitue une autre.

Cette souveraineté ne pourra cependant pas être décrétée uniquement par Ottawa. Elle devra être construite, exploitée et continuellement améliorée par tout un écosystème d'entreprises canadiennes.

Quantum Beyond veut faire partie de cet écosystème et, surtout, aider ses clients à en tirer parti. Notre objectif est de leur permettre d'utiliser les meilleures technologies disponibles tout en comprenant leurs dépendances, en protégeant leurs actifs stratégiques et en conservant suffisamment d'options pour continuer à choisir leur avenir technologique.

La souveraineté numérique du Canada ne dépendra donc pas uniquement de l'endroit où seront stockées nos données. Elle dépendra aussi de notre capacité collective à développer les compétences, les entreprises et les infrastructures qui nous permettront de décider ce que nous voulons en faire.